• [Fanfiction] No Regret : Prologue

    [Fanfiction] No Regret : Prologue

     

    No Regret

    Prologue - I am a monster !

     

     

    Sehun vivait dans une petite cellule sans fenêtre. Dans un coin reposé, un matelas dont la couleur originale avait disparu pour laisser place à des nuances de marrons. Le jeune homme préférait éviter de chercher ce qui avait pu les causer. Un trou dans le coin opposé lui permettait de faire ses besoins. Cela prit plusieurs jours avant qu’il n’ose s’en servir. Il avait l’autorisation d’accrocher des photos souvenirs, mais le mur demeuré bien vide. Le garçon espérait en finir au plus tôt avec cet endroit. La porte de sa cellule s’ouvrit sur deux hommes en uniformes. Le plus petit des deux lui dit :


    “Hey Sehun, c’est l’heure de ta visite chez le psy”


    Tous les jours, les gardes venaient le chercher, lui mettaient ses chaînes et l’emmenaient voir le psychologue. Celui-ci essayait tant bien que mal de comprendre ce qui pouvait se passer dans la tête du jeune homme au visage d’ange. Le plus grand des gardes traîna le garçon brutalement en dehors de sa cellule, le faisant trébucher. Sehun se rattrapa comme il pue avant d’être attrapé par le col. L’homme le poussa alors d’un geste brusque pour qu’il avance. La même scène se répétait chaque soir. Aucune compassion n’était faite à l’égard de détenus comme lui alors il ne dit rien et se laissa guider. Il ne disait jamais rien d’ailleurs. Sehun se contentait de fixer intensément les gens qui croisaient son chemin.

    Les condamnés comme lui n’avaient pas le droit de sortir en dehors de leur visite médicale. Il était considéré comme trop dangereux pour pouvoir être mêlé aux autres. On l’avait pourtant fait sortir le premier jour. Mais Sehun avait fini à l’isolement. Désormais, il n’y avait plus droit.

    Le cortège arriva finalement devant une porte blanche que l’on pouvait distinguer des autres de par son écriteaux indiquant “Psychologue”. Un des gardes toqua à la porte. Une voix joviale leur répondit d’entrer. Les hommes firent rentrer le condamné avant de l’asseoir sur l’unique chaise présente devant son bureau. L’un d’eux lui attacha les poignets à la chaise afin d'assurer la sécurité du docteur.

    Jongdae se demandait toujours pourquoi les gardes traitaient le jeune homme de cette façon. Il paraissait si inoffensif. Il était si jeune, qu’il ne pouvait croire qu’il ait fait une chose pareille. Jongdae ne pouvait s’empêcher de le trouver beau, de longues jambes, un corps finement musclé dont il ne voyait que les avant-bras. Tout ça allié à sa peau laiteuse avait dû faire tourner des têtes.

    Après que les gardes soit partis, il s’attarda sur le visage du jeune homme en face de lui. Le garçon était plus jeune que lui de seulement quelques années. Et pourtant, Jongdae avait l’impression qu’un mur infranchissable les séparait. Le visage de son patient paraissait toujours aussi calme. Mais quelque chose dans son regard mettait mal à l’aise le psychologue. Il n’arrivait pas à mettre le mot dessus. Si vous vous laissiez aller à le regarder dans les yeux, vous aviez la sensation de sombrer. Il n’y avait ni joie, ni espoir dans ce regard, pas même une once de tristesse. Rien. C’est ce qui avait surpris Jongdae la première fois qu’il avait rencontré le plus jeune.

    Sehun était un de ses premiers patients. Tout juste titulaire de son diplôme de psychologie, il avait été embauché comme psy dans un centre de détention à quelques heures seulement de Séoul. Sa mère avait essayé de l’en dissuader. Elle ne pouvait imaginer son fils prodige au milieu de tels barbares. Et pourtant, Jongdae se plaisait beaucoup ici.

    Il aimait découvrir les prisonniers, comprendre ce qui les avait poussé à commettre de tels actes. Il aimait pouvoir déceler une part d’humanité chez certains avant la fin. Bien sûr, il avait un peu peur de s’attacher, mais il gardait en tête que ces hommes étaient pour la plupart des meurtriers. Jongdae ne pouvait s'empêcher d’être fasciné par certaines histoires, en colère contre certaines, horrifiées devant d’autres. Mais il n’arrivait pas à comprendre le jeune homme en face de lui.

    Sehun savait que le psychologue le fixait à chaque fois qu’il venait, un léger sourire étira ses traits. Mais ses yeux ne trompaient personne. Après quelques minutes, Jongdae réalisa ce qu’il était en train de faire et se rattrapa. Il sortit son calepin pour y noter le déroulement de la séance. Il aimait y noter les informations obtenues sur les condamnés, mais également leurs expressions, comment ils agissaient. Cela lui permettait de voir s’il y avait du changement dans leurs comportements physiques ou mentaux.

    La plupart des condamnés, après l’annonce de leur exécution, finissaient par tout avoué et supplier qu’on les pardonne. Mais pourtant, le jeune homme en face lui, bien qu'âgé d’à peine dix-neuf ans, n'avaient pas semblé pour le moins déroutés par l'annonce de sa mort imminente. Au contraire, Jongdae avait cru y voir de la joie. Parfois, les meurtriers se rendent compte qu'ils ont fait quelque chose de mal et qu'ils continueront encore et encore, pour eux la mort est un soulagement. Mais pourtant, Jongdae avait l'intime conviction qu'il ne s'agissait pas de ça.

    Il salua le plus jeune avec un grand sourire. Sehun détestait ce sourire. Le docteur possédait une bouche aux commissures longues et fines qui le faisaient ressembler à un chat. Sehun avait envie de détruire ce sourire. Il imaginait sa lame défigurer l’être en face de lui. Il souhaitait lui enlever son bonheur. Comment avait-il le droit d’être heureux alors que lui en était privé ? Lui aussi aurait été de son avis. Peut-être que dans une autre vie, le docteur aurait été une autre de ses victimes.

    Jongdae avait essayé d’amener le plus jeune à parler sans résultat lors de leurs derniers entretiens. Alors il décida d’aller droit au but même s’il n’avait peu d’espoir que l’autre lui réponde. À vrai dire, le psychologue n’était même pas sûr que le plus jeune l’écoute. Le regard du plus jeune était cependant fixé sur lui. Mais c’était comme s’il voyait à travers lui.

     

     

    “As-tu déjà aimé quelqu’un Sehun ?

     

    - Oui”

     

     

    Sehun avait répondu sans hésiter. Il avait aimé au-delà de l'imaginable. Qu'importe s'ils étaient aujourd'hui séparés, c'est certain, un jour, ils se retrouveraient. Ça avait été un amour qui vous marque à tout jamais. La réponse du plus jeune avait fait sursauter l’homme qui ne s'attendait pas du tout à obtenir de réponse. Fier de cette victoire, il décida de continuer sur cette lancée.

     

     

    “T’a-t-il aimé en retour ?

     

     

    - D’un amour inconditionnel.

     

     

    - Et toi ?

     

     

    - Plus que ma propre vie.

     

     

    - Alors pourquoi tu as fait ça ?”

     

     

    Jongdae n’arrivait pas à comprendre, même avec les réponses qu’il venait d’obtenir. Rien ne pouvait laisser penser qu’il pourrait un jour devenir aussi peu humain. Il avait compris qu’il n’obtiendrait plus de réponses pour aujourd’hui. Le plus jeune semblait ne plus être là, perdu dans ses pensées, fixant un point imaginaire sur le bureau.

     

    Le docteur ne cessait de se demander ce qui avait bien pu pousser un si beau jeune homme à se retrouver, ici, condamné à mort. En temps que psychologue, il avait eu droit au dossier complet du jeune homme. Il n’y avait aucun signe avant-coureur, aucune maladie mentale qui pourrait expliquer ce qu’il avait fait.

     

    Sehun avait juste était un enfant normal passionné et talentueux élevé dans le confort et l'amour d'une famille. Mais pourtant les preuves étaient là. Ils avaient vu les photos de l’horreur. Il avait lu le nom des victimes. Et pourtant, il n’arrivait toujours pas à croire que la personne assise en face de lui soit capable de tel acte de barbarie. Il avait relu le dossier pendant des heures, la nuit après l’avoir rencontré. Jongdae n’avait rien trouvé de nouveau et ses conversations quotidiennes avec le jeune homme ne l’avançaient pas plus.

     

    Il y avait quelque chose qui ne collait pas dans son histoire. Le docteur ne cessait de revenir à la description que les policiers avaient faite de lui lors de son arrestation. Il l'avait trouvé berçant le cadavre d'un jeune homme. Sehun le serrait désespérément dans ses bras, tout en murmurant des paroles dont les policiers n’ont jamais retrouvé ce qui semblait être une chanson. Pourquoi le jeune homme avait-il fait une différence avec cette victime comparée aux sept autres ? Cet homme serait-il la clé ?

     

    Sehun contemplait le vide se demandant comment sa vie avait-t-elle pu finir ainsi. Il repensa à tout ce qu’il s’était passé et son cœur se serra. Il acceptait la punition. Il savait que moins il répondait aux questions, plus il avait de chance de rester condamné à mort. C’est la seule chose qu’il souhaitait, car ce qu’il avait fait ne pouvait être pardonné. Dans sa prochaine vie, il le sauverait, c'était une promesse faite à l'éternité. Plus jamais il ne le laisserait partir sans lui, car il était, est et sera toujours son amour éternel.

     

    Le jeune homme aurait pu fuir, mais il ne l’avait pas fait. Il était resté là en berçant le corps sans vie, ne sachant pas très bien ce qu’il venait de se passer. Sehun pensait qu’il était dans un cauchemar, qu’il allait bien finir par se réveiller, mais il ne se réveilla jamais. Déjà, deux semaines qu’il était incarcéré. L'autre n'avait pas pu l'abandonner comme ça.

     

    C’était la première fois qu’il répondait aux questions du psychologue. Il ne savait pas pourquoi aujourd’hui, il avait fini par répondre. Peut-être pour prouver que l'autre l’avait aimé. Comment pouvait-on douter d’un tel amour ? Un amour qui les avait consumé entièrement. D'un amour d'une pureté étincelante était né un feu ravageur.

     

    Alors que les gardes venaient de ramener Sehun à sa cellule. Jongdae feuilleta une dernière fois le dossier du jeune homme. Son regard se posa sur la liste des victimes, huit noms écrits noir sur blanc. Il ne savait pas pourquoi ce condamné l'obsédait autant. Cette histoire ne collait pas. Il ne pouvait dire s'il était innocent ou coupable. Il s'attarda une dernière fois sur le huitième nom : Kim Junmyeon. Il referma le dossier en soufflant. Demain, il trouverait la réponse.

     

    Son amant allait le gronder s'il ramenait encore le dossier chez eux. Alors, à regret, il laissa le dossier dans son placard bien fermé. Xiumin en avait marre que le plus jeune ne lui parle plus que de cet homme. Il allait devoir se rattraper.

     


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